Anti Google
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Comme on l’a vu, Google est devenu une nuisance massive contre la liberté d’entreprise et la liberté d’opinion sur Internet, puisqu’il les réduit à néant en ne favorisant qu’une minorité de moins de 5% des pages web – en grande partie celles de moyennes et grandes entreprises qui peuvent payer du SEO – au détriment de toutes les autres.

Le problème ne tient pas tant à l’existence de Google comme moteur de recherche, qu’à sa situation de monopole mondial abusif et à son emprise sur des dizaines d’applications et de logiciels qui l’aident à conserver son monopole toxique.

La pieuvre Google

Google contrôle non seulement le moteur de recherche du même nom, mais aussi :

  • Google Ads
  • Youtube
  • Gmail
  • Chrome
  • Google Docs, Google Sheets
  • Google Play
  • Android

Un site en a compté plus de 200 !

Ainsi, chaque fois qu’on participe au succès de l’écosystème de Google en utilisant ses applications et ses logiciels, souvent “gratuits” (en apparence seulement), on en renforce le pouvoir de nuisance :

  • on lui fournit des informations gratuites, y compris des données personnelles
  • il revend les données aux annonceurs publicitaires
  • on empêche le développement d’alternatives à toutes les positions abusives de Google dans tous les domaines : la recherche, la navigation, les photos, les vidéos, etc etc

Les victimes de Google : les citoyens et les petites entreprises

La domination abusive de Google fait deux grandes catégories de victimes.

En théorie, les 300 millions de citoyens des USA, les 550 millions de citoyens de l’UE, jouissent de droit des principes de la démocratie, principes qui se traduisent par la liberté d’expression, notamment sur Internet, et par la concurrence libre et non-faussée, dans l’économie.

Or il se trouve que Google bafoue les deux en toute impunité depuis presque 25 ans. 

Les citoyens

Les citoyens sont victimes de Google au sens où leurs droits fondamentaux à la liberté d’information, à la liberté d’expression et à la liberté d’opinion sont bafoués.

En matière de liberté d’expression, sur tous les sujets, le moteur de recherche de Google :

  • prive les auteurs citoyens de tous publics
  • prive les lecteurs citoyens des auteurs désintéressés
  • réserve le trafic, donc la visibilité et la notoriété, à une poignée d’entreprises riches

Le quasi-monopole de Google entraîne un biais de sélection massif des contenus qui seront lus ou pas, des sites qui seront visités ou pas.

Les rares sites qui suivent à la lettre les diktats en changement permanent de Google, et ceux qui ont les moyens de faire du SEO, se classent dans les premiers résultats et ramassent tout le trafic ; les autres n’ont que des miettes, ou rien.

Les auteurs qui publient sans se soucier des directives de Google et sans faire du SEO, se retrouvent de fait éliminés du jeu et privés de public.

On ne peut dès lors plus parler de liberté d’expression et d’opinion dès lors que celles-ci sont anéanties en pratique.

Les entreprises

Les entreprises sont également massivement lésées par le quasi-monopole de Google, qui favorise les entreprises florissantes qui ont les moyens de tricher grâce au SEO.

Quand on sait qu’aujourd’hui, avant de choisir un prestataire de services ou un marchand, la plupart des gens font une recherche sur Internet, c’est à dire sur Google, et ne dépassent pas la première page des résultats de celui-ci, on comprend que c’est en fait Google et uniquement Google qui décide du succès ou de l’échec économique de millions d’entrepreneurs en France, en Europe et dans le monde. Si on n’arrive pas en première page sur les mots-clés de son activité, on a tout simplement aucun visiteur donc aucun client.

En matière de liberté d’entreprise et de libre concurrence, le moteur de recherche de Google :

  • prive les petites entreprises de trafic
  • donne tout le trafic aux entreprises qui ont de gros moyens
  • introduit donc une distorsion de concurrence absolument majeure, et mondiale
  • et taxe les entreprises, via la pub, pour leur faire payer le trafic naturel qu’elle ne leur donne pas

La privation de trafic naturel sur Google conduit naturellement à forcer des millions d’entreprises à faire de la pub sur Google… ce qui s’apparente à du racket : alors que chaque entrepreneur bénéficie en théorie d’un marché où la concurrence est libre et non-faussée, l’incurie du législateur, l’avidité de Google et la naïveté de la population convergent pour créer les conditions d’une concurrence absolument faussée, décidée par une seule entreprise américaine, et la seule manière d’exister sur ce moteur de recherche vampirique consiste à lui acheter le trafic qu’il n’envoie pas à ceux qui ne se plient pas à ses conditions.

Auto-entrepreneurs, artisans, commerçants, professions libérales, soyez-en bien conscients : en continuant de faire aveuglément confiance à Google, vous creusez votre propre tombe, vous contribuez à maintenir les conditions de votre échec économique.

Eliminer Google par la voie politique

En théorie, Google est dans une situation de monopole abusif sur de nombreux marchés, et les Etats devraient donc sanctionner cet abus de position dominante.

Mais, et cela fait partie de son pouvoir de nuisance, Google, ou plutôt sa maison-mère Alphabet, plus riche que de nombreux pays du monde, pèse suffisamment aux Etats-Unis et dans l’Union Européenne pour éviter une grande partie des sanctions qu’elle mérite.

Idéalement, les Etats devraient légiférer contre le monopole anti-concurrentiel de Google par la voie politique : les Etats-Unis devraient appliquer la loi anti-trust et donc démembrer Alphabet, tandis que tous les pays du monde, dont ceux de l’UE, devraient imposer à Google de ne pas capter plus de 50% du marché de la recherche en ligne. Une loi pourrait tout simplement lui imposer de rediriger les internautes vers des moteurs alternatifs dès lors que son quota quotidien serait atteint.

Une telle mesure, que des politiciens peu soucieux du bien public s’abstiennent de voter, permettrait de supprimer l’avantage déloyal qu’ont pris les entreprises dotées de gros moyens en achetant du SEO pour accaparer tout le trafic, donc tout le marché, au détriment de millions de petites entreprises.

Eliminer Google par la voie citoyenne

Comme Rome, Google ne s’est pas construit en un jour et il faudra plus d’un jour pour ramener l’Empereur fou à la raison avant qu’il n’ait tout détruit urbi et orbi.

Pour la société française, pour les sociétés européennes, pour les sociétés du monde entier, sortir de l’emprise des monopoles de Google est vital, car Google tue la liberté d’entreprise et condamne des millions de petits entrepreneurs à l’invisibilité.

Ce que nous avons fait, nous pouvons le défaire. Voici comment.

Remplacer le moteur de recherche de Google

20 ans de domination ont donné à Google des ressources qu’aucun de ses concurrents ne possède. Mais on a vu comment ses résultats sont devenus ultra-commerciaux sur des millions de thèmes non-commerciaux, partiaux sur des thèmes neutres, favorisant uniquement des sites qui ont été conçus pour satisfaire ses exigences parfois absurdes.

Vous pouvez retrouver des résultats plus authentiques, plus naturels, en utilisant des moteurs de recherche comme :

  • Bing
  • DuckDuckGo
  • Qwant.

Par contre, oubliez Ecosia et Lilo, qui sont basés sur les résultats de Google et ne font que modifier son modèle économique.

L’enjeu de ce changement de moteur de recherche, est de permettre à des alternatives de se développer, et d’en finir avec cette fraude géante du SEO.

En changeant de moteur de recherche par défaut, en fortifiant diverses alternatives et en dévitalisant le monopole de Google, on annule la concurrence loyale des contenus “optimisés SEO” et donc on rétablit un accès plus équitable au marché pour des millions de petites entreprises, et un accès plus équitable à l’information pour des milliards d’internautes.

Remplacer Chrome par d’autres navigateurs

Nous donnons trop de données gratuites à la pieuvre googlesque via son navigateur Chrome, qui s’en sert ensuite essentiellement pour nous infliger son ciblage publicitaire, une fonctionnalité que les utilisateurs n’ont jamais demandée et qui ne s’exerce qu’à ses dépens.

Il existe de nombreux autres navigateurs qui eux ne laisseront pas les capitalistes exploiter vos données contre vos intérêts.

Exemples :

  • Brave : installez-le, importez les données de votre profil Chrome, supprimez Chrome, et voilà !
  • Tor

Faire des liens

Si vous avez un site, un blog, un profil, faites des liens vers les sites authentiques qui vous plaisent vraiment. Cela augmentera le trafic de ces sites, puisque Google comme les autres utilisent ce facteur de positionnement. Vous aiderez ainsi ces sites à survivre face à la concurrence déloyale des marchands d’attention.

(Faites un lien vers mon article s’il vous a plu !)

Organiser de petits réseaux collaboratifs

Dans le même esprit : quand vous êtes un groupe basé sur un centre d’intérêt, vous pouvez faire monter tel ou tel site qui vous plaît dans les résultats de recherche – par exemple un blog vraiment gratuit et sans pub, ou le site d’une association – simplement en étant plusieurs à faire des liens vers lui et à partager ses articles sur divers réseaux sociaux. Vous donnerez l’occasion à ces sites d’être vus par des gens qui n’appartiennent pas à votre groupe, et qui pourront juger de sa qualité. 

Sans cette entraide humaine, on l’a vu, la plupart des sites désintéressés sont condamnés par l’algorithme injuste de Google à l’inexistence totale.

Anéantir Google

Faisons ensemble une expérience de pensée.

Imaginons qu’on puisse tout simplement supprimer Google, donc remettre à plat la question de la recherche sur Internet : comment devrait-on s’y prendre ? Quels critères doivent compter ?

On ne doit pas réfléchir trop longtemps avant d’aboutir à l’idée que la satisfaction humaine doit primer. J’ai cherché ceci, j’obtiens cela, j’en suis satisfait ou pas. 

Comment le programme le sait ? Parce que je le lui dis, en donnant une note sur 10 à tout contenu.

N’est-il pas naturel que les humains choisissent ce qu’ils lisent, sans qu’un programme inintelligent choisisse pour eux ?

De plus, chaque auteur-e devrait avoir sa chance. On ne devrait donc jamais aboutir à une situation où 96% des contenus publiés ont entre ZERO et 10 visites par an, comme c’est le cas avec les règles absurdes de Google. 

Il semble normal que les contenus qui auraient déplu à quelques centaines de visiteurs finissent disqualifiés par la vox populi. Pour qu’ils puissent déplaire, il faut donc que le moteur de recherche les propose un certain nombre de fois. On pourrait facilement organiser un système de diffusion, où à partir d’un minimum de lectures, le taux de diffusion future dépend du taux de satisfaction passé. Plus un contenu déplait, moins il est diffusé. Plus un contenu plaît, plus il est diffusé.

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